Sardine Millésimée 2019 : rencontre avec l’artiste.

« Chaque année notre boîte collector met en lumière un peintre contemporain breton et son univers. L’an passé nous avions poussé les portes de l’atelier d’Amélie Fish à Quimper.

Cette année pour la sixième série limitée de sardines millésimées, nous avons rendu visite à l’artiste peintre Albert Quentel demeurant à Pont l’Abbé.

La boîte illustrée La Compagnie Bretonne permet la découverte d’un travail d’artiste et met en avant une collaboration entre le peintre et notre conserverie.

Pour que vous en sachiez plus sur ce peintre bigouden, ses inspirations et son travail des couleurs, nous avons décidé de lui poser quelques questions dans son atelier d’artiste de Pont l’Abbé.

Questions au peintre Albert Quentel

A quel âge avez-vous voulu être peintre ?

Dès l’école primaire, un instituteur avait perçu mon « don » pour la peinture et le dessin. Il avait même accroché un de ses dessins au mur comme point de départ d’un travail collectif pour l’ensemble de la classe.

Albert Quentel se rappelle, il avait dessiné des roses.

Quel est votre parcours ?

Plus tard, mes parents m’ont inscrit à l’école des Beaux-Arts. A 15 ans, j’ai eu un premier prix de dessin. J’étais bon aussi en maths et mon père, technicien à l’Arsenal décida que je devais me diriger vers une voie qui donnait place aux mathématiques. Je m’orientais donc vers une école préparatoire pour les grandes écoles. C’est à ce moment-là que je sus que ma voie était le dessin et je décidai donc de tout quitter.  Mes parents, à regret ont accepté et je me suis dirigé vers les Beaux-Arts de Rennes.
Même aux beaux-arts, j’ai eu un parcours très personnel.

Les professeurs m’ont mis dans la catégorie professorat.

Qu’est-ce que signifie pour vous la peinture ?

C’est une vaste question, difficile de répondre. C’est avant tout un moyen d’expression.

Comment travaillez-vous et quelles sont vos sources d’inspiration ?

Mes sources d’inspiration sont la musique, les chevaux, la mer…
La musique compte beaucoup pour moi, j’adore la musique classique et le jazz ; c’est pour moi la traduction d’une émotion, c’est aussi une libération gaie et une redécouverte du monde.
Aux beaux-arts on travaillait du nu essentiellement donc tout était axé sur la morphologie.
Je commence mon travail à partir de croquis que j’ai réalisé à partir de la nature.

La peinture peut-être très rapide ensuite. Ce qui est important c’est l’équilibre de couleurs.  La couleur prime et la forme, le dessin viennent après. Dans un premier temps ça peut être pris pour de l’abstrait. Mais la forme s’inscrit ensuite. Je travaille très rapidement car pendant longtemps, j’ai peint « sur nature » – comme il dit- directement devant la scène peinte, je devais donc travailler très vite car la luminosité changeait et la scène aussi. Parfois c’était sous la pluie ou les pieds dans l’eau.

– sourire –

Cela m’a donné le sens du mouvement.
A présent, tout se fait dans l’atelier.

C’est le rythme et le mouvement que je cherche à exprimer.

J’ai aussi de bons copains peintres avec lesquels je partage régulièrement des idées.

Comment s’est passé votre rencontre avec Sten Furic et de quelle manière le choix du tableau s’est opéré ?

Sten Furic est venu me voir, j’ai été surpris. C’est un ami de mon fils Gilles. Il a choisi un tableau déjà réalisé dans l’atelier.

Quel est votre sentiment sur le fait de voir un de vos tableaux sur une boîte de sardines ?

Pourquoi pas ? Ça me surprend beaucoup, j’étais loin de m’imaginer cela.

A Pont Aven, où j’ai exercé en tant que professeur d’arts plastiques, un de mes amis peintres était fier d’avoir une peinture sur une boîte de biscuits.

Et pour finir :

Lorsque Monsieur Furic vous a fait découvrir l’usine et la mise en boîte des sardines, qu’est-ce qui vous a le plus étonné ?

Le bruit et le rythme du travail à la chaine m’ont impressionné.
Et puis, je pense qu’il faut avoir une force pour travailler à l’usine.

Dans le tableau qui figure sur la boîte, qu’avez-vous voulu exprimer ?

J’ai voulu exprimer le rythme et le mouvement. Cela illustre les vagues, la mer à St Pierre aux pieds du phare d’Eckmuhl. »

Interview réalisée par Loïse Barbé

 

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