Sardine Millésimée 2020 : rencontre avec l’artiste.

 

Chaque année notre boîte millésimée met en lumière un peintre contemporain de notre région.

Cette huitième boîte collector est illustrée par Stéphane Butet. Découvrez son interview.

 

Pouvez-vous vous présenter ?

 « Né à Paris en 1969, j’ai grandi en Normandie et me suis lancé dans la vie à l’âge de 15 ans.

D’abord comédien, après être passé par le Cours Florent, j’ai eu la chance d’être engagé sur une quarantaine de productions de cinéma, de télévision et de théâtre.

Parallèlement à ce métier, fait d’attente et d’observation, j’ai toujours dessiné en autodidacte, puis suis allé en paralléle vers la photo et les films documentaires.

J’ai beaucoup voyagé, seul, attiré par les pays où la nature est inhospitalière, indomptable.

Je me suis retrouvé au pays bigouden sur les chalutiers puis l’Islande et le Groënland.

Chaque fois que je voyageais, je faisais des dessins, à droite, à gauche. Un jour, mon frère, qui est décorateur d’intérieur, m’a demandé « Mais pourquoi tu fais toujours tout en petit, comme pour ne pas montrer ? »

J’ai alors commencé à transcrire mes impressions et mes souvenirs en plus grand format et je ne me suis plus arrêté !

Le virage important a été ma première exposition Souffle et Silence que Yohan Madec, responsable pôle culture à Penmarch m’a proposé d’installer au Vieux Phare en 2015. »

 

Quel est votre style de peinture et comment vous travaillez ?

« On me parle souvent d’une forme singulière de scénographie avec des lignes claires, des sujets plutôt imaginaires, empreints de rêverie, de grands espaces et d’attente qui, pour moi, est plus poétique que mélancolique.

Toujours des voyages à travers le temps à la limite de la science fiction.

Montrer l’extérieur pour mieux parler de l’intérieur.

La minutie m’interesse, je recherche des matières mais surtout- la lumière.

A propos de  lumière, j’aime beaucoup Hammershøi, peintre danois du 19ème. Je me sens proche de ses palettes scandinaves.

J’ai été marqué par mes virées dans le grand nord, ce qui peut expliquer  cette teinte un peu « grave », parfois dramatique. Ce n’est pas quelque chose de douloureux, c’est même apaisant ? »

 

Quel est votre lien avec le territoire ?

« Mon lien avec le territoire s’est fait par ma bande de copains comédiens :

avec l’achat par l’un d’eux, et la rénovation, par nous tous, d’une ancienne école de Penmarch.

Des saisons entières, y compris les hivers à retaper cet endroit dans le but d’en faire le lieu de résidence pour notre compagnie, m’ont permis de m’acclimater et bien plus encore : me sentir en phase avec le pays bigouden et les gens d’ici. Surtout dans le milieu de la pêche où j’ai fait de belles rencontres, notamment celle de Sten Furic. »

 

Êtes-vous sensible au milieu de la pêche, la mer ?

« Je suis attiré et admiratif envers les personnes qui travaillent dans le milieu de la pêche, à terre, dans les criées ou en mer. J’ ai fait de nombreux tableaux de criées mais,personnellement, je me sens proche de ce monde.

Les ouvriers de la mer sont des personnes que j’ai toujours cherché à  cotoyer au bistrot ou au port. Certains sont devenus des amis, qui m’accompagnent encore aujourd’hui dans mes projets. »

 

Comment a commencé la collaboration avec La Compagnie Bretonne ?

« J’ai rencontré Sten Furic autour d’un projet de théâtre sur lequel je créais une scénographie. Il me fallait trouver du matériel pour le décor et il a pu nous en fournir.

J’ai rencontré quelqu’un de très engagé et sensible à toute forme de culture et nous nous sommes vite entendus.

Petit à petit il s’est interessé à mon travail de peintre, et en voyant mes tableaux l’hiver dernier, il est reparti avec cette petite phrase

« pense à une boîte »

Le reste s’est fait en totale collaboration. »

 

Sur ce tableau, qu’est-ce qui vous a inspiré ?   

« On retrouve dans ce tableau je crois, une ambiance nordique peut-être ou bretonne ?  un endroit indéfinissable, habité ou délaissé, entre mer et terre, filets ou écume… Il y a quelque chose de minéral, une sorte de mycelium, matière organique en mouvement.

C’est ce qui se passe ici, surtout au niveau des murs, des traces, de ce qu’il y a en mer, en bord de mer, de ce qui se dessine. J’ai parlé de ces choses filandreuses, qui peuvent se balader en pleine mer, à marée basse.

Les cabanes noires, c’est pour évoquer toutes ces maisons de pêcheurs qu’on peut retrouver dans le coin, je les mets en mouvement »

 

Pourquoi avoir accepté cette collaboration ?

« J’ai pris part à cette collaboration d’abord par amitié pour Sten et par défit :

comment trouver une peinture qui va, sur quelques centimètres parler du pays, des gens qui travaillent ici, en racontant des histoires différentes ?

Je connais une partie des peintres qui ont fait les boites collector depuis le début, et je suis content de faire partie de cette famille que Sten choisit et réunit ?

C’est une aventure aussi de suivre la fabrication de la boite, depuis mes dessins jusqu’à la réalisation en passant par tous les corps de métiers différents qui ont collaboré, je trouve ça chouette !

C’est une manière de mettre en lumière les gens qui travaillent pour la Conserverie, que ce soit en mer, en magazin, dans les bureaux ou à l’usine. »

 

Vos produits favoris à La Compagnie Bretonne ?

« Le Tartare d’algues au citron confit, les maquereaux Kombu Royal et puis je suis un grand fan de toutes les sardines ! Malheureusement, il faudra attendre un petit peu avant de goûter à la nouvelle boîte ! quelques mois pour que les sardines aient le temps de confire dans l’huile. »

 

Un mot de la fin ?

« Merci pour tout, au Pays, aux gens, aux idées de Sten et au plaisir de se retrouver sur de nouveaux projets.”

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