Histoire de la Conserverie : 4 générations

Alain Furic

Alain FURIC, le fondateur, est né en 1872 à Douarnenez. Il se marie à Elisa LAVANANT de Douarnenez et leur fils, Jules, naît en 1909.

Avant la guerre 14 et jusqu’en 1920, Alain FURIC est mécanicien automobile à Paris (Zèbre, Unic, et Citroën).

À cette époque, au Guilvinec, avec l’apparition dès 1920 des moteurs sur les bateaux de pêche, les navires montent en puissance et progressivement la transition s’opère des chaloupes aux pinasses sardinières puis aux malamoks : le rayon d’action des bateaux augmente et les poissons pêchés sont plus variés.

C’est le début de la commercialisation des langoustines pêchées par les chaloupes sur la grande vasière. Cette pêche devient la spécialité des ports bigoudens.

Revenu en 1920 en Bretagne pour un mariage, Alain FURIC, racontait son fils Jules, voit des langoustines vivantes au Guilvinec et décide de rester pour les commercialiser.

Alain FURIC s’installe comme mareyeur au Guilvinec. À cette époque l’investissement était modeste : un atelier où principalement le maquereau et la sardine étaient traités, une balance, une charrette pour le transport du poisson et un téléphone.

Ses débuts à la conserverie

En 1923 Jules FURIC, fils d’Alain, quitte l’école à 14 ans pour seconder son père à l’achat du poisson. A l’époque les ventes se faisaient en breton. Du fait de son enfance à Paris, Jules Furic ne le parlait pas. Mais il apprit rapidement à compter en breton et à comprendre la langue, que ses parents, sa mère Elisa en particulier, parlaient couramment.

La conserverie est créée en 1923 : on y emboîte des sardines et des maquereaux, mais aussi des langoustines, ce qui deviendra une spécialité de l’entreprise. C’est le début de l’utilisation des camions pour le transport du poisson frais et des conserves, Alain FURIC peut dès lors utiliser ses compétences en mécanique et il est l’un des premiers conserveurs (avec LARZUL à Plonéour) à faire l’achat d’un camion dont la bâche et la carrosserie arboraient fièrement la marque « La Pointe de Penmarc’h » (1), « Conserves alimentaires Alain FURIC ».

A cette époque aussi les frères LE CORRE, Matthias et Emile, sont les premiers à faire le commerce de la glace sur le port du Guilvinec. La glace permet un meilleur transport du poisson en caissettes de bois. Par la suite d’autres mareyeurs et des conserveurs, constitués en groupement, produisirent des pains de glace et de la glace concassée. En 1942, un entrepôt frigorifique fut créé par l’ingénieur Pierre YOUINOU qui dirigeait la production de glace pour le groupement de mareyeurs et de conserveurs (2).

  • Dans les années 1920 – 1930 : L’un des premiers véhicules d’Alain Furic devant sa maison
  • Jules Furic à l’arrière du camion
  • Vers 1930 : Alain Furic à l’arrière du camion, son épouse, Elisa, à la fenêtre et leur fille Yvonne à l’intérieur du camion
  • Vers 1930 : Sur la place Wilson, le camion de l’entreprise d’Alain Furic se prépare pour le défilé de la fête des langoustines avec en arrière-plan le poste de douane
  • 1932 : Une langoustine sur un char…
  • Vers 1932 : Jules et son père Alain

A partir des années 30, pour trouver de nouveaux débouchés en marée, Jules FURIC organise des livraisons directes et régulières sur les marchés de Brest et Saint-Brieuc. Pendant son service militaire à Paris, il profite de son temps libre pour faire connaître les produits de la conserverie aux épiceries parisiennes qui lui firent ses premières commandes. C’est en 1943 qu’il devient officiellement responsable de l’entreprise, son père Alain continuera à y travailler jusqu’à la fin de la guerre.

Parmi les anecdotes concernant la famille, citons celle de la jeune sœur de Jules FURIC, Yvonne, qui gagne en 1934 le gros lot de la loterie nationale, soit environ 70000 €, qu’elle investit dans l’entreprise familiale, donnant ainsi à l’entreprise une assise financière plus confortable.

(1) Note : La marque de l’usine FURIC « La Pointe de Penmarc’h » sera cédée à Saupiquet en 1996, qui la vendra à Monsieur TESSIER en 2000 qui la revendra à la conserverie Chancerelle en 2003.

(2) Le groupement de mareyeurs et conserveurs, connu sous le nom « La Glacière », produisit des pains de glace et de la glace concassée jusque dans les années 50, puis de la glace paillette. En 1975 la société fut reprise par René LANTHONY (Société Frigorifique de Cornouailles). Cette Société dirigée à ce jour par Gabrielle LANTHONY produit pour les bateaux 7000 tonnes de glace par an.

 

 

le groupe Furic

Vers 1980 : Les 4 fils de jules Furic
De gauche à droite : Gabriel, Alain, Yvon et Jean-François

Alain FURIC, petit-fils d’Alain et fils de Jules, entra dans l’entreprise en 1967. Ses trois frères : Gabriel, Yvon et Jean-François le rejoignirent entre 1970 et 1973.

Alain commence par développer un magasin de marée dans la nouvelle criée de Saint-Guénolé et prend rapidement en charge l’ensemble de l’entreprise de marée.

Gabriel travaille aux achats de marée et à la conserverie, puis au développement du magasin de Douarnenez.

Au Guilvinec, en 1973 un nouveau magasin est construit à côté de la criée. D’autres magasins seront créés à Concarneau, Lorient et en Ecosse. FURIC Marée devient dans les années 90 la première entreprise de mareyage en France. La Société FURIC Marée est reprise par quatre cadres de l’entreprise en 2002.

Pour augmenter les arrivages sur le port du Guilvinec, il crée aussi FURIC Armement à partir de 1990 qui a compté jusqu’à 17 bateaux. La Société sera cédée à SCAPECHE en 2001.

Yvon développe les piscicultures : en Bretagne : Corroarc’h, Plonéour, Moulin Mer Plomelin, Saint-Segal, La Forêt Fouesnant, Pont Aven… mais aussi en Normandie, en Italie pendant plusieurs années : jusqu’à être avec 16 piscicultures la troisième entreprise piscicole en France et en Europe. FURIC Piscicultures sera cédée à Intermarché en 2001.

Jean-François s’occupe de la conserverie à partir de 1973. Les approvisionnements en poissons congelés de qualité permettent de garantir 40 heures par semaine au personnel, mettant fin à l’époque où il fallait fréquemment appeler le personnel à la sirène lorsque le poisson arrivait. La conserverie se spécialise dans les gros boîtages pour collectivités en sardines, maquereaux et thon albacore et devient le leader sur le marché français de la Restauration Hors Domicile au début des années 80. Ce développement rapide est le fait d’une équipe où Madame LAURENT, assistante de Direction et commerciale de Jules et Jean-François, Mademoiselle TRIVIDIC puis Madame PEZENNEC, contremaîtresses, ont une grande part.

En 1982 le Groupe FURIC rachète l’usine voisine SOGECO, portant la surface totale de travail à 7000 m2 et permettant d’augmenter le tonnage de poisson transformé de 2000 à 3500 tonnes par an.

En 1985 Joelle FURIC, épouse de Jean-François, rejoint la conserverie et c’est le début d’une période d’innovation produit : terrines de poisson, ravioli de poisson au coulis de langoustines, soupes, foie de lotte…

L’ouragan d’octobre 1987 détruit la toiture et un mur de l’usine. Des réparations de fortune, et l’ancienne usine épargnée par la tempête, permettent de fabriquer provisoirement des conserves.

L’usine Bertrand (ancienne COOP) vient de fermer, et le 23 décembre 1987 Jean-François rachète l’usine et embauche 25 salariés de l’usine Bertrand.

La Société Bertrand fabriquant des petits boîtages et des légumes, la production de gros boîtages et de plats cuisinés nécessite l’adaptation de toute l’usine. Le schéma d’aménagement et les travaux furent menés efficacement par l’architecte Jean-François L’OLLIVIER.

Après un travail considérable des techniciens, en particulier Jacques SALAS et Rémi LE NOURS, mais aussi de tous les autres, le travail peut reprendre en novembre 1988, à l’ancienne usine COOP, sur un surface de 1,5 ha, avec plus de 100 salariés. Tout le personnel masculin, techniciens et ouvriers, ainsi que le personnel de l’entreprise BERRE-HAMEURY, se souvient du déménagement pendant le week-end ensoleillé de la Toussaint 88.

Vers 1995 : Les employé(e)s de l’usine de Jean-François Furic au Guilvinec à Poull Ar Palud

La surface des ateliers permet une croissance importante des produits transformés, notamment en thon albacore, mais aussi en produits nouveaux : plats cuisinés en gros boîtages : ravioli de poisson, lasagnes de thon, médaillons de thon en barquettes…, ainsi que des produits pour le frais et semi-frais : œufs de truites, soupe de poissons pasteurisée, plats élaborés frais.

A ces fabrications s’ajoute le développement très important du négoce de gros boîtages de thon au naturel (listao) en provenance d’Afrique : usine Saupiquet.

La dépendance à Saupiquet et le déséquilibre entre les deux sociétés amènent à la cession de l’activité de conserverie à Saupiquet en juin 1996, Jean-François FURIC restant Directeur Général de la Société.

Un an après c’est le début de la rupture, décidée par Saupiquet en octobre 1997.

Jean-François FURIC doit quitter l’entreprise. Joelle FURIC ainsi que deux cadres, Jacques SALAS et Anne-Laure DELPECH, choisissent également de quitter la conserverie (3).

(3) En 2000 Saupiquet déplace l’activité gros boîtage dans son usine de Quimper. Il cède le bail de l’usine à Monsieur TESSIER qui y développe une activité de décongélation-cuisson de crevettes et un atelier de conserverie jusqu’en 2005. Il cède en 2006 l’activité petits boîtages de conserves, ainsi que la marque « La Compagnie Bretonne du poisson ».

 

Jean-François Furic

En 2010 : Fabrication et mise en bocaux des “haricots de mer”.

En 1998 Jean-François avec sa femme Joelle, son fils Sten, Jacques SALAS cadre de production, aidé des conseils d’Anne-Laure DELPECH et de Madame LE CORRE, expert comptable, rejoints début 99 par Josette LE NOURS, recommencent une activité de conserverie dans une partie de l’ancienne usine de Pêcheurs de France à Saint-Guénolé. Les premières conserves, des soupes de poissons, sont fabriquées le 31 décembre 1998.

Au départ l’usine a fabriqué du petit boîtage : sardines, maquereaux, thon blanc, rillettes, soupes et bisques, foie de lotte, ainsi que divers plats cuisinés. A cette gamme classique se sont ajoutés depuis les haricots de mer, pêchés autour de Etocs, et les salicornes. A partir de 2002 l’activité gros boîtage a permis de garantir le plan de charge et d’accroître la production. Aujourd’hui soixante personnes au total composent l’effectif dont 45 en production, 10 en commercial (ventes dans 6 boutiques en Bretagne, dans 30 salons de gastronomie, et par correspondance). Maria, la soeur de Sten, a travaillé à partir de 2002 en commercial pour la conserverie et rejoint définitivement l’entreprise en 2004 pour s’occuper de Ressources Humaines et de Vente à distance. En 2013 Sten dirige l’entreprise.

La quatrième génération FURIC est bien impliquée dans ce nouveau chapitre de la saga Familiale, en ayant su s’adapter aux goûts des consommateurs d’aujourd’hui tout en perpétuant la tradition de la conserverie.

Les successions familiales, Alain FURIC – Jules FURIC – 4 frères FURIC, ont permis de développer une activité importante autour du poisson jusqu’en 2002.

La succession familiale avec Sten et Maria FURIC conforte la continuité de l’activité conserverie à Saint Guénolé depuis 1999.

Mais les dirigeants de la famille n’ont pas travaillé seuls.

Le grand-père Alain FURIC et sa femme Elisa avaient à leur côté Jakez BOENNEC, Noël COLIN et d’autres. Auprès de Jules et Gabrielle FURIC il y avait Marcel CARIOU et Jakez BOENNEC.

Dans les conserveries les contremaîtresses ont joué un rôle essentiel. Chez FURIC au Guilvinec après 1945 il y a eu Anna BERRE, Mariette JONCOUR, Mademoiselle TRIVIDIC, Madame PEZENNEC, Flora KUNTZ, Marie-Françoise KERGONNA, Josette LE NOURS. Chacune à sa manière a contribué au développement de l’entreprise.

Dans l’usine de Saint Guénolé, après Jean-François et Joelle FURIC, il y a Sten et Maria FURIC, mais aussi, avec eux, des anciens de la conserverie FURIC du Guilvinec, Jacques SALAS (depuis 38 ans), Josette et Rémi LE NOURS (depuis 31 ans), Dominique LORENT (depuis 40 ans), et d’autres qui confortent le développement de l’entreprise. Il y a aussi d’anciennes ouvrières d’autres conserveries (Chacun, Cook,…). Depuis 1920 le métier a évolué mais Il y a toujours des jeunes ouvriers et ouvrières prêts à apprendre les métiers de la conserverie de poisson.

« Pointe de Penmarc’h  » à la Société Chancerelle. Une nouvellle Société reprendra l’activité crevettes de Monsieur Tessier jusqu’en 2009.

Marie et Sten Furic

 

 

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